Politique de réintégration au travail

Une politique de réintégration après une absence pour cause de maladie ou d’accident accroît le bien-être au travail, favorise la satisfaction des travailleurs et épargne des coûts liés à l’absentéisme. Une politique de réintégration requiert l’engagement de l’entreprise ou de l’organisation mais aussi d’acteurs externes. Le travailleur joue aussi un rôle central


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Absentéisme de courte et de longue durée

Une politique de réintégration ne doit pas uniquement cibler l’absentéisme de longue durée: elle doit aussi viser l’absentéisme de courte durée.
Pour ce qui concerne l’absentéisme de longue durée, les statistiques révèlent que les travailleurs voient leurs chances de réintégration fortement se réduire après une absence de plus de 6 mois. Après une absence de plus d’un an, seul 1 travailleur sur 5 peut reprendre le travail chez son
employeur.
L’absentéisme de courte durée est beaucoup plus fréquent que l’absentéisme de longue durée. Il peut être dû, par exemple, à un accident du travail. Les absences consécutives à un accident du travail sont, dans 75% des cas, inférieures à 2 semaines. Les efforts de réintégration doivent donc couvrir l’absentéisme dans son ensemble, qu’il soit de courte ou de longue durée. La réintégration active commence dès le premier jour.

(In)apte au travail

L’aptitude au travail est le concept clé pour un parcours de réintégration réussi. En effet, ce concept met l’accent sur le potentiel du travailleur et non sur ses limites. Aucun emploi n’exige la mobilisation de toutes les compétences. Vu sous cet angle, le fait qu’un travailleur ne possède pas certaines capacités ne pose pas de problème. Une bonne connaissance des capacités d’un travailleur, d’une part, et des exigences de la fonction, d’autre part, sont importantes pour arriver à un résultat adéquat.

Trajet de réintégration obligatoire?

La législation encadre le trajet de réintégration. Ce trajet peut être initié par le travailleur (ou le médecin traitant), le médecin conseil ou l'employeur. Durant le trajet, le médecin du travail examine la possibilité de réintégration avec le travailleur et les autres personnes impliquées. Cette évaluation de réintégration doit permettre de décider :

  • si le travailleur pourra à nouveau exercer le travail convenu à terme ou s'il est définitivement inapte à l’exercice de ce travail;
  • ou si un travail adapté ou autre travail peut être cherché (temporairement ou définitivement).

Implication active du travailleur

Le but d’un trajet de réintégration est de permettre à un travailleur de reprendre son poste. Si cela s’avère impossible, l’on peut se tourner vers d’autres possibilités, éventuellement en adaptant (temporairement) le poste de travail, les tâches, le rythme de travail, etc. L’implication active du travailleur est cruciale. Le fait de chercher soi-même des solutions concrètes, augmente les chances de succès du processus de réintégration.

Et le travail adapté ?

Adapter le travail peut inciter la personne concernée à reprendre le travail rapidement. Le travail adapté est généralement utilisé comme solution de réemploi quand il est évident que le travailleur pourra tout à fait être réintégré, mais qu’il n’est pas encore en état de le faire. En effet, le travail adapté permet de réintégrer progressivement le travailleur dans ses fonctions ou à un autre poste. Il permet aussi d’entretenir l’implication d’un travailleur dont on ignore encore les possibilités de rétablissement ou de réduire le seuil avant reprise du travail.
Les adaptations du travail peuvent être temporaires ou permanentes. Leur objectif peut être d’augmenter la résilience du travailleur ou de réduire la charge de travail.

Exemples de travail adapté :

  • Adaptations du poste de travail :

    • Réaménagement du poste de travail: autre disposition, autre éclairage, passages élargis, mobilier adapté.
    • Prévoir des accessoires.
    • Adapter les machines aux limites du travailleur, par exemple renforcement des signaux visuels ou auditifs.

  • Prévoir un accompagnement :

    • Davantage de concertation avec les supérieurs et les collègues.
    • Prévoir l’aide de collègues pour accomplir certaines tâches.

  • Formation: prévoir une formation complémentaire pour les autres tâches par exemple.


En savoir plus

Réintégration des travailleurs en incapacité de travail.

Brochure retour au travail après une absence pour raison médicale.